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Didier Laguerre : « Nous prendrons les mesures pour protéger le patrimoine municipal

Written by on 19 avril 2020

Didier Laguerre, le maire de Fort-de-France, réagit au déboulonnage des statues de la Savane et réaffirme sa position quant à la question mémorielle sur le territoire de la Ville. Lundi après-midi (27 juillet), il a organisé une conférence de presse, à cette fin, à son bureau et martelé « qu’il est hors de question que la Ville se soumette à un quelconque ultimatum ».

Lundi après-midi, l’élu a tout d’abord rappelé avoir « mis en place un processus démocratique de consultation à travers une commission » et expliqué qu’il faut la laisser travailler et faire des propositions quant au devenir des statues. « Certaines propositions sont déjà sorties puisque ce mardi (aujourd’hui, ndlr), le conseil municipal devait adopter la dépose de la statue de d’Esnambuc et la renomination de la rue Galliéni », a précisé le premier magistrat de Fort-de-France, avant de déplorer « que certains préfèrent passer à l’acte directement et ne respectent pas le processus démocratique qu’il y a lieu de suivre dans ce cas ».

Puis, Didier Laguerre a poursuivi avec le message vidéo dans lequel des militants RVN exigent que le maire de Fort-de-France détruise la Porte du tricentenaire qui sert d’entrée au Parc Culturel Aimé-Césaire…

L’édile rappelle « qu’il s’agit là du patrimoine municipal » et répond « qu’il est hors de question que la Ville démonte ou démolisse ce patrimoine. Il est aussi hors de question que la Ville se soumette à un quelconque ultimatum. Nous prendrons les mesures qui s’imposent pour protéger ce patrimoine municipal, dimanche matin ».  

« Dresser des Martiniquais contre des Martiniquais »

Didier Laguerre rappelle aussi que « cette porte a été traitée en son temps, puisqu’elle ne sert plus d’entrée au parc Aimé-Césaire » et qu’elle pourra faire à nouveau l’objet de débats pour son nouveau traitement. « Je ne suis pas en colère, je suis plutôt triste de voir que nous avons du mal entre Martiniquais à traiter le problème par le débat, par l’échange, par la discussion. Triste que nous allions vers une situation qui se rapproche du chaos et du désordre et qui, au final, risque de dresser des Martiniquais contre des Martiniquais ».

Fort des soutiens des autres maires, Didier Laguerre salue les communes qui « comme le Prêcheur et Trinité ont déjà engagé une démarche mémorielle. Je souhaite vraiment et je proposerai à l’association des maires de se saisir de ces questions et de ces problématiques, et que nous ayons une réflexion sur l’ensemble de la Martinique. Cessons de faire croire qu’il n’y a de symboles coloniaux que sur Fort-de-France », a-t-il ajouté. Et de préciser : « L’État doit aussi prendre ses responsabilités. Chacun doit prendre et assumer ses responsabilités. Moi je les prends et les assume en tant que maire. Je peux entendre l’impatience de certains, car ce n’est pas d’aujourd’hui que se posent ces problématiques mémorielles, mais cela fait également longtemps que ce travail a démarré sur

Fort-de-France. Je rappelle qu’il y a une place du 22-Mé qui date de 1972, qu’il y a une statue de la Liberté réalisée pour répondre à l’idée d’une liberté donnée, il y a des fresques et monuments, il y a des rues qui ont été débaptisées… Preuves du travail entamé par la municipalité depuis de très nombreuses années. C’est un travail qu’il faut poursuivre collectivement, dans le débat, en y associant des experts, des historiens mais aussi les Martiniquais, d’où la mise en place de cette commission ».

Lire aussi en page 7 l’interview du préfet Stanislas Cazelles.Le conseil municipal, qui se réunit ce mardi, devait adopter la dépose de la statue de d’Esnambuc, mais des militants RVN ont imposé leur calendrier… (Photo J.-M.E./Archives France-Antilles) – Louvinia ValatAprès la statue de Joséphine de Beauharnais et celle de D’esnambuc, dimanche dernier, les mêmes militants RVN ont prévu de s’attaquer à la Porte du tricentenaire, dimanche prochain. (Photo J.-M.E./Archives France-Antilles) – JMEYan Monplaisir : « Faire Peuple, sans violence »

Dans un communiqué, publié ce dimanche 26 juillet, Yan Monplaisir, maire de Saint-Joseph, déclare : « Je tiens à exprimer mon indignation et ma totale désapprobation après les événements graves qui viennent de se produire à quelques dizaines de mètres du commissariat de police et de la préfecture de la Martinique. La destruction des statues de Joséphine et de Pierre Belain d’Esnambuc porteuses de symboles est tout aussi bête et intolérable que les destructions perpétrées par Boko Haram, ces salafistes djihadistes qui s’en prennent au patrimoine de l’humanité. Notre système de valeurs nous a appris la tolérance et les actes violents de jeunes « activistes », irresponsables, manipulés par de pseudos-révolutionnaires frustrés, seront oubliés dans quelques années.

La dérision de ce geste paraitrait médiocre si ses effets n’étaient, eux, irréversibles. Ces statues ne seront jamais reconstruites et ne seront donc pas là pour témoigner de toutes les facettes de notre histoire et de leur intérêt artistique. C’est à une démission de l’État et de ses représentants à laquelle nous assistons… J’appelle les élus de Martinique à une rencontre avec Monsieur le préfet, afin de lui faire part de nos interrogations et de notre exigence de voir assurer l’ordre public dans notre territoire. Il s’agira également de formuler des propositions afin de préserver et d’enrichir notre patrimoine statuaire, sans rien ignorer de tout ce qui pourrait nous diviser, ni tout ce qui peut nous inviter à faire Peuple. »


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