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Mélanie, pour marcher d’un bon pas

Written by on 10 septembre 2019

Mélanie Montout, n’était pas une élève brillante. Elle va longtemps chercher sa voie avant de se découvrir une vraie passion pour les… pieds ! Elle est podo-orthésiste et prothésiste mammaire. Elle fabrique chaussures, semelles, prothèses orthopédiques sur mesure. Elle a encore du mal à réaliser le chemin qu’elle a parcouru depuis l’époque du lycée Bellevue. Une élève moyenne, pas vraiment brillante, qui a longtemps cru qu’elle n’arriverait à rien dans la vie. « J’étais nulle à l’école. Lorsque les professeurs me parlaient, ils me disaient que je n’avais aucun avenir. J’ai eu mon Bac S au rattrapage » commence Mélanie, un peu intimidée. Pas de projet professionnel défini, mais pas non plus envie de passer des concours et travailler au sein d’une administration. 

Elle a aujourd’hui 31 ans, est maman de deux enfants, et a surtout trouvé sa voie en tant que podo-orthésiste. 

« Petite, j’ai porté des chaussures orthopédiques, peut-être un signe du destin, mais paradoxalement, je déteste porter des chaussures. J’ai su que j’étais faite pour cela mais ça n’a pas été une évidence » explique-t-elle. 

Son baccalauréat en poche, Mélanie va passer le concours d’infirmière, qu’elle va réussir, sans pour autant se lancer dans les études, va partir à Toulouse pour une année sabbatique, s’inscrire en fac de physique chimie avant d’avoir le déclic pour les… pieds. 

« Je n’avais pas envie d’être podologue et me lancer dans les soins. Je suis une fille manuelle. En cherchant sur le net, j’ai découvert et trouvé une école de podo-orthésie à Valence ». Mélanie tente sa chance. « La sélection était difficile. Il y avait 150 candidats pour 13 places. Un examen en 3 D, un entretien avec un médecin… Je n’y croyais pas trop car c’est plutôt ceux qui ont raté médecine qui étaient en podo-orthésie ». 

La jeune femme à l’époque, a tendance à se sous-estimer et ne pas croire en elle. Contre toute attente, elle est prise et durant trois ans passée à l’école de podo-orthésie de Valence, elle va commencer à réaliser qu’elle est loin « d’être nulle » et qu’elle est douée dans ce domaine. 

« La podo-orthésie touche toutes les tranches d’âge du bébé à la personne âgée. On réalise des semelles, des chaussures orthopédiques en fonction des pathologies des personnes : les diabétiques par exemple, ou encore les personnes qui ont eu un AVC, tout en alliant cela à l’esthétique. Je me suis rendu compte que j’avais cette fibre sociale, ce besoin d’aider et d’aller vers les autres en me rendant utile » confie-t-elle. 

Une véritable révélation pour la jeune femme qui, après l’obtention de son diplôme va travailler à Montauban, avant de rentrer au pays. « J’étais enceinte et je voulais rentrer chez moi mettre mes compétences au service des miens ». 

Mélanie va travailler durant plusieurs années chez les professionnels du secteur. Forte de son expérience, Mélanie a envie de se lancer dans la création d’entreprise, mais à tâtons. Là encore, la fibre entrepreneuriale, elle est persuadée qu’elle ne l’a pas, que ce n’est pas fait pour elle. « J’ai fait un travail de dépassement de soi grâce à Stéphanie Cotrebil, la fondatrice de Kréativ’s Academy. La danse m’a fait sortir de ma coquille, et puis le vrai déclic, ça a été lorsque ma maman est tombée malade. Je voulais qu’elle soit là lorsque j’ouvrirai mon entreprise ». Mélanie va se mettre à taper à de nombreuses portes pour présenter son projet. « C’est un secteur où il y a de la demande, mais j’ai beaucoup galéré. Le parcours de la création d’entreprise a été long : convaincre les banques, toute la paperasse administrative, la recherche d’un local avec un loyer abordable. Heureusement, l’expert-comptable m’a bien orientée et mes parents m’ont bien soutenue. Si je ne l’avais pas été, j’aurais abandonné». 

De l’orthopédie aux prothèses mammaires

Et depuis maintenant six mois, Mélanie est à la tête de « L’atelier de l’orthopédie », à Ducos. Un atelier de fabrication et réparation de chaussures, la vente de chaussures orthopédiques…

Elle s’est entourée de Sandrine Gamess, une professionnelle aguerrie, tout aussi passionnée qu’elle. 

« Ce n’est pas facile de s’imposer dans le milieu, mais on ne se laisse pas décourager. Nous allons démarcher des médecins, les hôpitaux…Et puis, on s’est diversifié pour aussi proposer des sacs, la cordonnerie et les clés. On prévoit aussi de mettre en place des ateliers de fabrication de chaussures pour les personnes qui ont envie d’apprendre à faire elles-mêmes » détaillent les jeunes femmes. 

Une belle réussite pour Mélanie qui avait beaucoup de mal à croire en elle. Elle a ajouté une corde à son arc en obtenant son diplôme de prothésiste mammaire. 

« Cela me tenait beaucoup à cœur. Je propose aussi des prothèses mammaires pour les femmes qui ont été malades. Une manière d’aider à ma manière celles qui ont été touchées par un cancer ». 

Mélanie n’est pas femme à se mettre en avant, ni à la recherche d’une quelconque gloire. Elle avait envie de partager son expérience et que son parcours scolaire aussi imparfait soit-il, soit une source de motivation pour les personnes qui se cherchent. Pas besoin d’être forcément le premier de la classe pour réussir sa vie. Juste croire en soi, en ses rêves et donner le meilleur de soi. 

« Je suis fière de moi. Je fais un métier que j’aime qui allie le manuel, le para médical, et qui me permet d’établir une relation avec le patient et les professionnels. Je suis fière d’être rentrée en Martinique pour faire avancer mon pays » lâche-t-elle dans un grand sourire. L’élève pas brillante est aujourd’hui une chef d’entreprise à l’aise dans ses chaussures, qui sait que la route peut être sinueuse, mais avec de bonnes chaussures, elle sera confortable.

Mélanie Montout, à droite aux côtés de Sandrine Gamess. Les deux femmes sont fières de proposer leurs services à la population. – Melinda Boulai Pour en savoir plus :


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